Amoureuse de l’eau, je nage depuis toujours mais beaucoup plus depuis quelque temps… Curieuse de nature, il m’a pris l’envie d’aller voir quelles seraient mes sensations du coté de la nage en eau libre la semaine dernière.

Mais au fait, c’est quoi la nage en eau libre ?

Selon notre ami Wikipédia : « La nage en eau libre ou la natation en eau libre (en anglais: open water swimming), aussi désignée simplement comme l’eau libre, désigne toutes les activités de natation pratiquées en mer, en lac ou en rivière, généralement sur des grandes distances. »

Et sur le site de la Fédération Française de Natation : « La natation en eau libre est une discipline olympique depuis les Jeux de Pékin en 2008 qui se tient en milieu naturel. L’épreuve du 10 km est la seule à avoir intégré le programme olympique. »

Ce serait donc l’inverse de la nage en piscine où l’eau est emprisonnée…

En fait, l’eau libre est devenue plus connue du grand public suite aux déboires de notre petite nageuse française, Aurélie Muller arrivée deuxième à Rio puis disqualifiée et surtout plus récemment (et plus joyeux) grâce aux 4 belles médailles d’Or glanées aux Championnat du Monde de Natation à Budapest où Aurélie a pu prendre une belle revanche !

Alors, après avoir repris la natation il ya un peu plus d’un an et aligné des longueurs dans le bassin Olympique du magnifique Stade Nautique de Saint-Raphaël, j’ai surtout redécouvert, grâce aux précieux conseils d’un Maître Nageur, le plaisir de la glisse en corrigeant mes gestes et surtout le bonheur de nager en plein air dans un adorable bassin de 25m à deux pas de chez moi… Non, je ne suis pas une privilégiée, enfin j’avoue, si, un peu quand même…

Ayant l’immense chance de vivre dans une des régions les plus ensoleillées de France et pas très (trop) loin de la mer je me suis demandée alors si l’expérience de la nage en eau libre pourrait me plaire…

J’ai donc commencé à chercher sur le web et les réseaux sociaux où je pourrais pratiquer… et j’ai fini par trouver une page sur Facebook qui met en ligne toutes les manifestions en France [pour ceux que cela intéresse : eau-libre.fr].

Nage en Eau Libre | Le Défi de la Baie - Cavalaire - Edition Août 2017En fouillant un peu, j’ai fini par trouver la course idéale pour tenter l’expérience : 800m à Cavalaire-sur-Mer, le Défi de la Baie. Pas trop de participants, très accessible financièrement (6€ l’inscription et à seulement quelques kilomètres de chez moi), je me suis dis : GO !

Je partais néanmoins à l’aventure, car si aligner 3 x 1000m dans un bassin, qu’il soit de 25 ou 50m, me paraissait désormais facile, je ne savais pas si je pourrais transposer, ne serait-ce qu’un tiers de la distance en mer…

Mais, que pouvait-il m’arriver, hormis abandonner… l’idée ne m’a guère effleuré ! Alors, le certificat médical « natation en compétition » en poche, je finalisais mon inscription sur le site organisateur [kms.fr] et même si mon mari me traitait gentiment de « folle », je savais qu’il avait presque autant hâte que moi de voir de quoi il retournait…

Le jour J, nous voilà en route vers le lieu de mon expérimentation. Arrivés sur place de bonne heure, la plage encore vierge de serviettes et châteaux de sable, nous en profitons pour nous laisser bercer par le bruit des vagues en attendant le début des manœuvres.

L’organisation se met tranquillement en place, le podium est installé sur le sable et les kayacs s’en vont poser les fameuses bouées délimitant notre trajet et autour desquelles il nous faudra tourner. Waou, là tout d’un coup, le trajet est visible et la distance prend toute sa réalité… mais rien ne m’arrêtera, j’irai au bout !

Les sauveteurs et apprentis sauveteurs qui doivent assurer notre sécurité arrivent, prennent, qui un paddle, qui un kayac et se positionnent… L’heure approche, j’ai enfilé mon seyant bonnet jaune vif avec mon numéro de dossard « #73 » et je pars faire quelques échauffements en mer… La température de l’eau est parfaite, pas trop chaude, ni trop froide, la mer est magnifique, pas de vent, nous avons de la chance !

Nage en Eau Libre - Départ Défi de la Baie 2017 à CavalaireEt puis, voilà, 10h00! Le départ est donné. Pas encore habituée, je me lance derrière la foule, mauvais calcul, je prends toute la « mousse » des nageurs devant moi. Malgré cela, je démarre, ça se bouscule, se pousse, je prends des coup de pied dans les mains, je dois également « forcer » parfois le passage entre deux nageurs plus lents. Je vous avoue, ce n’est franchement pas la partie que j’ai préférée !

Puis la différence de puissance ou de capacité fait le ménage, le groupe se délite, les plus forts sont déjà loin devant et j’ai distancé certains plus faibles, je peux enfin nager presque seule, je ne m’occupe pas des autres, je vise ma première bouée, elle me parait à la fois si loin et si proche…

J’y arrive enfin, je tourne, je suis un peu essoufflée, léger point de coté mais je tiens le rythme, je me dirige donc vers mon second repère, je n’ai aucune notion du temps qui défile. Sachant que je fais mon 3000m en un peu moins de 1h30, j’ai basé mes probabilités de faire 800m en 25 mn environ… mais là, pour l’instant, en toute franchise, c’est le cadet de mes soucis, je ne sais pas du tout où j’en suis en terme de temps, je sais juste que je suis à la moitié du chemin…

Alors je profite un maximum de l’instant présent, j’allonge mes bras, je glisse mon crawl tout en observant les fonds marins et les poissons, un rêve ! Je relève la tête de temps en temps pour me caler sur la bouée, un peu trop souvent, du coup je perds du temps mais ce n’est pas grave, je ne suis pas venue pour le chrono…

Ca y est, la deuxième bouée est passée, j’ai l’impression d’être seule, la pensée d’être la dernière me traverse l’esprit puis je laisse filer l’information… et quand bien même, je m’en fiche, l’essentiel pour moi est d’aller au bout de ces 800m.

Dernière ligne droite, j’y suis ! Je vois le rivage approcher, je continue mon effort mais décide de profiter de chaque instant, les gens qui vous encouragent sur la plage comme si vous étiez le premier, le couloir avec le chrono, je pose enfin le pied sur le sable, je tombe comme si j’étais saoule, je me relève et court quand même un peu pour caler ce fameux chrono ! 22″49′ sera mon temps final ! Pas si mal pour une première…

Heureuse d’avoir été au bout, je retrouve alors mon mari et lui raconte ma course, mes impressions… C’est alors qu’une jeune femme à coté de nous me lance un « Chapeau ! ». Je souris en la remerciant et lui réponds que cela n’a rien d’un exploit, il ne s’agit que de 800m.

Ce qu’elle me dit alors m’a interpellé : « Vous ne vous rendez pas compte, jamais je ne pourrais faire cela ! Bravo à vous ! ».

Comme quoi la notion d’exploit est toute relative… Cela dépend où l’on place le curseur ! La preuve, si besoin en est avec l’arrivée de la dernière participante sous les applaudissements et les encouragements de la foule… largement mérité, plus que moi ou même des premiers, non ?

Pour ma part, cette toute première expérience m’a permis de confirmer que la natation en eau libre est réellement une pratique enrichissante à tous les niveaux, qu’ils soient humains ou sportifs. Je renouvellerais l’été prochain c’est sûr ! D’ici là, j’ai quelques mois en piscine pour me perfectionner à cette pratique qui demande quand même un entrainement spécifique… Peut-être reviendrais-je sur ce sujet dans un futur article…

En attendant, je ne peux que vous inviter à essayer au moins une fois et pour ceux qui pratiquent déjà, n’hésitez pas à me laisser en commentaire si vous avez d’autres sites sur lesquels s’appuyer pour avoir des infos sur la nage en eau libre en France que ce soit en eau douce ou salée !

A très vite !

Miss K